Ce blog vous fait partager mes goûts et mes découvertes artistiques, musicales, humaines et spirituelles.
En 1985, pour le tricentenaire de la naissance de Bach, la ville de Arnstadt a eu l'idée d'édifier une statue à la mémoire de son illustre hôte. Le sculpteur Bernd Göbel a eu la géniale idée de représenter Bach quand il est arrivé à Arnstadt comme organiste pour son premier poste officiel. Comme nous le dit si bien Gilles Cantagrel, il est représenté à peine sorti de l' adolescence, plus grand que nature, assis sur sa veste dans une attitude détendue, jambes allongées et écartées à mille lieux des statues hiératiques du Cantor à Eisenach ou Leipzig. Il fait vraiment plaisir à voir...Le voilà rajeuni notre Bach bien aimé ...!
Eugène Sue (1804-1857), grand écrivain du XIX° siècle , siège à l'Assemblée Nationale en 1849. Après le coup d'état d u 2 décembre 1851, il se réfugie à Annecy le Vieux, au domaine de La Tour, rsté en l'état, mais nouvellement restauré est à vendre. Si vous avez un bon porteeuille, vous pouvez consulter le site de Christie's. Eugène Sue partage son temps enstre écriture et promenades quotidiennes dans le mont Verrier. La "Marquise de Cornélia" est l'un des romans écrits à Annecy le Vieux.
Du Mont Verrier qui surplombe Annecy le Vieux, se détache un énorme bloc de calcaire, la Mavéria. Ce nom signifie "mal tournée" et fait référence à sa caractéristique géographique et fait écho aux croyances populaires. La légende raconte que seule la jeune fille pauvre, assez vertueuse pour que les fées lui donnent la force pour déplacer cette pierre, en possèdera le trésor caché.
J'ai eu le bonheur d'entendre Monseigneur Maurice Gaidon (1928-2011) quand j'étais responsable régional Centre Est pour la musique liturgique lors d'une réunion à Paray le Monial. C'est au rez de chaussée de cette tour qu'il avait son magnifique piano à queue et qu'il nous a joués plusieurs pièces, en particulier "La Grande Porte de Kiev" de Moussogski ( le final des Tableaux d'une Exposition), une pièce brillante et très diffcile. j'en garde un souvenir ému... En plus d'une formation théologique, Mgr Gaidon était premier prix de piano du Conservatoire de Dijon et entre deux ministères, quand il fut à Paray le Monial, chaque dimanche soir il donnait un petit concert aux Séminaristes ( bienheureux séminaristes ! ). Il terminera comme évêque de Cahors.
La basilique de Paray le Monial et ses environs ont été restaurés magnifiquement. Elle date du XI° siècle, construite en moins de 20 ans ; pour l'époque, c'est un véritable exploit... Elle peut être considérée comme le modèle réduit de Cluny ; on imagine ce que pouvait être l'abbatiale de Cluny si on ne l'avait pas détruite après la Révolution en l'utilisant comme carrière de pierres. Un des plus grands drames de l'histoire architecturale. Ici, elle évoque une beauté abstraite favorable au recueillement. A noter qu'elle fut peut être influencé par l'art islamique dans sa séduisante perfection voulue par St Hugues qui avait fait deux voyages en Espagne. Elle est un joyau de l'art roman et le phare au milieu de cette région ( le Brionnais ) riche de plus d'une centaine d'églises romanes !
ANZY LE DUC, une des plus belles églises romanes ( il y en a plusieurs dizaines) du Brionnais (Autour de Paray le Monial, Charolles, Charlieu...Elle date un XI° siècle, merveille d'architecture, mais aussi d'une sculpture remarquable. Ici deux chapiteaux : l'acrobate et les serpents qui évoquent la lutte de l'homme contre le mal, et le combat des deux veillards.
Et oui, le 15 février 1571 naissait Michaël Praetorius et le 15 février 1621, i mourrait. Donc une vie de 50 ans tout juste. Si vous voulez en savoir plus, écoutez mon émission " l' Echappée Belle "qui lui sera consacrée demain Lundi 15 Février à 14 h sur RCF. national. Possibilité de replay sur le site rcf.fr
Le père Couturier est l'initiateur de cette église consacrée en 1950, mais construite en pleine guerre ( 1937-1946 !) qui regroupe de nombreux chefs d'oeuvre de l'art contemporain : Fernand Léger, Chagall, Pierre Bonnard, Jean Lurçat, Matisse, RGeorges Rouault... et le célèbre Christ qui fit scandale de Germaine Richier.
Mais voici la leçon d'Assy du Père Couturier
LA LECON D’ASSY par le père. Marie Alain Couturier o.p. – 1950
« Voilà donc terminée cette petite église. Avant même qu’elle ne fût achevée, on en aura parlé dans tous les pays du monde. Depuis plus d’un siècle, pour aucune église cela ne s’était vu : les plus somptueuses basiliques ont pu être édifiées sans attirer, dans les milieux artistiques ou même, disons-le, simplement dans les milieux vraiment cultivés, la moindre attention…
D’où vient à cette église de montagne cette universelle et subite gloire? D’être un chef-d’œuvre? Non, mais d’être née d’une idée juste.
Et c’est cela qui a frappé les gens, en tous pays; c’est cette idée très simple que pour garder en vie l’art chrétien, il faut, à chaque génération, faire appel aux maîtres de l’art vivant. Aujourd’hui comme autrefois, et pour l’art religieux comme pour l’art profane : car l’art ne vit que de ses maîtres – et de ses maîtres vivants. Non des maîtres morts, si précieux que soient les héritages.
Rien ne naît ou ne renaît que de la vie. Même la tradition.
Si donc à Assy on a écarté tout ce qui était académique (Écoles, Prix de Rome. Institut), c’est qu’il n’y a plus, dans ces milieux, aucune sève, aucun germe de renaissance authentique.
Si on s’est adressé aux plus grands des artistes indépendants, ce n’était pas par snobisme, parce que ceux-là étaient les plus illustres ou les plus avancés, mais parce qu’ils étaient les plus vivants. Parce qu’en eux abondaient la vie et ses dons et ses plus grandes chances.
Voilà ce qui a frappé les esprits, partout où la nouvelle en est parvenue : cette vie débordante, violente, follement généreuse de l’art moderne allait donc être agréée, bénie par la sainte et vieille et… maternelle Église! … offerte au Christ comme le plus bel hommage! …
C’est là la vraie leçon d’Assy sa seule leçon. Mais là aussi était le risque : on prend la vie où on la trouve et comme elle est.
Or, cette vie de l’art indépendant n’était finalement très chrétienne ni dans ses thèmes habituels, ni dans ses inspirations… Qu’en attendre qui pût être vraiment sacré?
On décida cependant de «parier pour le génie.»
On se disait : «Tout artiste vrai est un inspiré. Déjà par nature, par tempérament, il est préparé, prédisposé aux intuitions spirituelles : pourquoi pas à la venue de cet Esprit lui-même qui souffle, après tout, où il veut? Et tu entends sa voix… Mais tu ne sais ni où il va ni d’où il vient… »
Montagne mythique au dessus du lac d'Annecy du massif des Bornes culmine à 2350 m
« Cette montagne s'élevait à l'horizon au-dessus d'un entassement de grands monts escarpés, couverts de verdure, ainsi qu'elle en était elle-même couverte jusqu'aux deux tiers de sa hauteur, cinq mille pieds environ; mais, au-delà, toute végétation cessait, ce n'était plus que des masses volcaniques grises, arides, découpant leurs arêtes vives, leurs pitons aigus, leurs crêtes tranchantes et contournées, sur l'azur du ciel, alors d'une sérénité parfaite, la Tournette à son sommet formait une espèce de plateau de roches demi-circulaire, au-dessus duquel était comme implanté un bloc énorme et isolé qui, en raison de son incommensurable altitude, semblait voilé par une brume légère, quoique l'atmosphère fût d'une extrême limpidité... »
Hier c'était une première pour moi : une balade en chiens de traineau. Je dois dire que c'est une expérience unique, découvrir le paysage et la beauté de ces chiens, à la fois force et élégance. Les chiens sont des Husky en principe de Sibérie, mais il y en a de Finlande. Ils sont calmes, affectueux, sociables... et ils sont impatients de tirer les traineaux !
Aujourd'hui Lundi 1° février 2020, en direct à 14 h sur RCF national (possibilité de podcast sur le site rcf.fr) deuxième émission sur les Cantors de St Thomas de Leipzig au XX° siècle, Après Günther Ramin, Kurt Thomas et Erhardt Mauesberger, (émission du lundi 25 Janvier 1/2) vous découvrirez et entendrez le choeur de garçons de St Thomas sous la direction de Hans Joachim Rotzsch, de Georg Christoph Biller et du cantor actuel Gotthold Schwarz. Bonne écoute !
Magnifique église construite au XX° siècle grâce à la ténacité de l'abbé Marie-Amédée Folliet, chargé par l'évêque de faire construire une église dans la plaine des Fins qui se développait au nord du centre d'Annecy.
La première pierre est posée en 1937. Malheureusement la guerre arrive et il faut attendre plusieurs années pour voir sa réalisation.
L'architecte est le moine bénédictin de Solesmes Dom Paul Bellot qui ne la verra pas puisqu'il est appelé pour l'achèvement de St Joseph de Montréal au Canada en 1939 et qu'il meurt là-bas en 1944.
L'extérieur est en pierre du pays aux reflets rouge et or et qui cache l'intérieur avec des voutes en béton armé. C'est Rodolphe Wimer qui peint la fresque de l'arc triomphal. La peinture évoque une parabole pure : Dieu guérit et transforme nos misères.
Voici ce qu'écrivait Charles Gounod le mercredi 16 Septembre 1892. Gounod était organiste aux Missions Etrangères de Paris.
Mon cher Monsieur Bordes (1).
Je viens de recevoir un rouleau contenant le spécimen de votre projet de publication des "primitifs" de la musique sacrée avec votre excellente prospectus. Il va de soi que vous m'inscrivez parmi les abonnés à cette intéressante et salutaire publication ; il est temps que le drapeau de l'Art liturgique remplace, dans nos (1)églises, celui de la cantilène profane et que la pratique musicale proscrive de toutes les guimauves de la romance et toutes les sucreries de piété qui ont trop longtemps gâté nos estomacs.
Palestrina et Bach ont fait l'art musical ; ce sont, pour nous, des Pères de l'Eglise ; il importe que nous restions leurs fils et je vous remercie de nous y aider.
Bien à vous . Charles Gounod.
(1) Charles Bordes fonda la Schola Cantorum en 1896